Calage d'une conduite d'eau potable en profil en long : règles et méthode
Ce qu'on appelle caler une conduite
Le calage consiste à fixer, le long du tracé, la cote de la conduite par rapport au terrain naturel. Il se fait sur le profil en long, à partir des cotes du terrain relevées aux piquets du levé topographique. Le résultat est la ligne de la génératrice supérieure ou du fil d'eau de la conduite, la profondeur de la tranchée en chaque point, et l'emplacement des points hauts et des points bas qui recevront les ventouses et les vidanges.
Les contraintes à respecter
- Couverture minimale au-dessus de la conduite, pour la protéger des charges roulantes, du gel et des chocs : de l'ordre de 0,80 à 1,00 m en général, davantage sous chaussée.
- Pente minimale de pose, pour éviter les tronçons horizontaux où l'air stagne : la règle usuelle demande environ 2 à 3 mm/m en montée et 4 à 6 mm/m en descente, dans le sens de l'écoulement.
- Profondeur maximale de tranchée, au-delà de laquelle le terrassement devient coûteux ou exige un blindage.
- Points imposés : traversées de routes, d'oueds, de chaâbas ou de séguias, croisement d'autres réseaux, raccordement aux ouvrages existants.
La méthode
On part du terrain naturel décalé de la couverture minimale, qui donne la cote la plus haute admissible pour la conduite en chaque point. On ajuste ensuite la ligne de la conduite pour qu'elle respecte partout la pente minimale, sans descendre sous la profondeur maximale de tranchée :
- sur un terrain accidenté, la conduite suit le terrain et les points hauts et bas du terrain deviennent ceux de la conduite ;
- sur un terrain plat ou à faible pente, on crée des pentes artificielles, en dents de scie, en approfondissant la tranchée par endroits ; chaque sommet devient un point haut à équiper d'une ventouse, chaque creux un point bas à équiper d'une vidange ;
- le nombre de points hauts et bas résulte d'un compromis entre le volume de terrassement et le nombre d'ouvrages annexes.
Les ouvrages annexes
Le calage fixe la position des ventouses aux points hauts et aux changements de pente défavorables, et des vidanges aux points bas. Il détermine aussi les coudes en profil, qui recevront des butées lorsque la conduite est à joints emboîtés. C'est donc le document d'entrée du calcul de l'admission d'air et du dimensionnement des butées.
Une fois la conduite calée, AirCalc calcule les débits d'admission d'air aux points à équiper, à partir du profil en long importé en Excel ou CSV.
Questions fréquentes
Quelle couverture minimale prévoir au-dessus d'une conduite d'eau ?
On retient couramment une couverture de l'ordre de 0,80 à 1,00 m au-dessus de la génératrice supérieure, davantage sous les chaussées ou en zone de gel. La valeur exacte est fixée par le cahier des charges du maître d'ouvrage.
Pourquoi éviter les tronçons horizontaux ?
Sur un tronçon parfaitement horizontal, l'air ne migre vers aucun point d'évacuation et forme des poches. Une pente minimale, même faible, permet de diriger l'air vers les ventouses et l'eau vers les vidanges.
Où placer les vidanges ?
Aux points bas du profil en long de la conduite, et en général à l'aval des vannes de sectionnement, pour pouvoir vider chaque tronçon séparément vers un exutoire.
Ce guide présente des principes généraux et des ordres de grandeur. Il ne remplace ni les normes et guides en vigueur, ni les documents des fabricants, ni l'étude d'un ingénieur qualifié.
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